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  4. Interview Sohrâb Chitan / TIMEless Ballet

    L’OISEAU DE FEU

    Alors que je m’échinais encore à combattre le boss de fin d’un quelconque jeu vidéo, Sohrâb, adolescent épris de danse, venait, à l’occasion d’un stage de Noël, prendre un cours à l’Académie Chaptal auprès de sa directrice, professeur réputé, sévère mais juste, qui avait été danseuse étoile au Ballet National de Yougoslavie. Quelques années plus tard, je découvrais Pigalle et vins m’installer au 7 de la rue Chaptal où je fis la connaissance de cette femme, qui devint ma logeuse, élégante tout en cheveux, au maquillage presque théâtral, et à la compassion rare. J’ai nommé Mademoiselle Monique Arabian. Nos pas étaient amenés à se mêler…

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    © Julien Benhamou 2012

    سهراب

    Sohrâb Chitan aura vingt-cinq ans dans quelques jours. Ce fameux quart de siècle, il peut s’enorgueillir de l’avoir déjà bien mis à profit. C’est devant Arte qui diffusait Roméo et Juliette, dansé par l’Opéra de Paris, avec Manuel Legris et Monique Loudières dans les rôles titres, que l’enfant de cinq ans a le déclic. Il veut danser. Sa mère, graphiste et peintre divorcée de son père, l’épaule et l’encourage en le faisant baigner dans un univers artistique riche et varié. Elle l’inscrit à sept ans dans une petite école de région parisienne. Adolescent, Sohrâb accepte que la danse rythmera sa toute jeune vie pour longtemps. Il quitte l’école publique à quinze ans, loin des préoccupations de ses pairs, à peine sortis du collège qui préparent le baccalauréat, et se lance corps et âme dans sa passion. Il s’inscrit au Conservatoire de Tours, poursuit sa formation et quitte une première fois la maison, avant sa majorité, pour l’école Rudra-Béjart à Lausanne dont il décidera de s’éloigner avant la fin de sa deuxième année.

    Cette période dans l’ombre d’un maître qui, avant sa mort, gratifiera sa promotion d’une création, et avec qui il eut la chance de partager quelques conversations, Sohrâb se la remémore avec pudeur :

    Ce furent deux ans d’apprentissage intensif, deux ans de rigueur poussée à l’extrême, deux ans de remise en question, pendant lesquels tu ne sais pas vraiment ce que tu fais là. On te forme à être exécutant, ce que tu es en tant qu’artiste, en tant que personne, est nié. Tu n’as rien à dire, l’apprentissage de la technique est tel que ta personnalité s’en trouve comme effacée.

    SOUFFRIR SA PASSION

    Je ne me sentais pas bien là-bas, j’avais besoin de voir autre chose. Imagine danser six jours sur sept, de 8 heures à 19 heures, et puis Rudra-Béjart, c’était énormément d’humiliations, je n’avais pas vraiment d’amis là-bas, c’était du chacun pour soi. J’ai eu beaucoup de chagrin à son décès, j’ai beaucoup d’admiration pour son travail. Cela dit, très honnêtement, je trouve qu’il avait pris trop de place à un moment donné, dès lors sa mort a créé un certain soulagement à le voir céder la place par la force du destin. Son temps était fait, révolu, même ses chorégraphies avaient moins de force qu’avant. Mais il demeure un grand homme.

    Direction les États-Unis, Sohrâb décroche un stage chez Alonzo King qui dirige le LINES Ballet de San Francisco pendant six mois qu’il qualifie d’extraordinaires. Le retour en France est plus épineux.

    C’est difficile de réacquérir sa technique, cela m’a pris cinq ans. Mon rêve, c’est de danser, dans le sens où je veux parvenir à exprimer ce que j’ai à dire à travers la danse. Dans un tel milieu où la compétition est très forte, où les places sont très limitées, sur un fond de crise économique qui force les compagnies à devoir renvoyer des danseurs, tu te retrouves face à des gens à la rue qui n’ont jamais vraiment pu exprimer ce qu’ils voulaient à force d’être la toile blanche des chorégraphes.

    Et là, tu vis un long moment de passage à vide, tu es confronté à toi-même, tu te demandes ce que c’est finalement que d’être danseur. S’ensuivent des dépenses d’argent pour des auditions qui ne fonctionnent pas d’où mon envie de compagnie, m’offrir un endroit pour m’exprimer, avec ce premier projet autour de Madame Butterfly.

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    TIMEless Ballet a été fondé à Paris sous la forme d’une association 1901 avec comme fil rouge l’adaptation en ballet de Madame Butterfly, l’opéra de Puccini. Sohrâb ouvre le spectre sonore du ballet aux musiques traditionnelles japonaises, à Ravel et à un nouveau talent, celui d’un jeune compositeur, Esterhuizen, qui lui écrit un sublime morceau pour orchestre. Habité par la narration dansé, sens premier du mot ballet, il place au centre le personnage secondaire du bonze en spectre de la mort qui vient hanter les descendants de Madame Butterfly, manière de souligner que son destin funeste était annoncé d’entrée de jeu, manière de revenir également sur sa propre histoire qui trouve, dans le conte de ces amours déchirés au milieu desquels l’enfant ne dit mot, une résonance plus personnelle. Ce projet ambitieux, celui d’une vie, réunira une dizaine de danseurs sur scène et fera la part belle aux décors et costumes, dans l’esprit des Ballets Russes.

    Je voulais créer une structure dans laquelle je pourrais lier la temporalité de la danse, par ces mouvements classiques ou contemporains, sur de grands sujets lyriques, intemporels car le fond de l’homme ne change jamais, peu importe les avancées sociales ou technologiques, ce qui laisse la place à l’émotion.

    Depuis l’été, la compagnie a trouvé refuge en Aquitaine qui dispose selon lui d’un très gros potentiel pour l’avenir de la culture en France de par ses vignobles.

    Les vignerons ont un penchant naturel pour l’art qui est assez fort, le mécénat devient dès lors plus intéressant, une indépendance est en train de se former. Libourne, la ville dans laquelle je réside, est proche de Bordeaux. Nous avons accueilli le Pompidou Mobile, inauguré par Aurélie Filippetti, et qui permettait aux vingt-cinq milles habitants de se familiariser gratuitement avec des œuvres du centre Pompidou.

    PROFESSION DE FOI

    Je suis avant tout danseur, c’est vrai que je me retrouve chorégraphe par le biais de la compagnie, et directeur aussi, mais je ne pense pas occuper ce poste toute ma vie. Il y aura bien un moment dans ma vie adulte où j’aurais achevé de m’exprimer en danse, je laisserai alors la place aux jeunes chorégraphes, mon temps aura été fait. J’ai envie d’explorer seul le pays de mon père, l’Iran. J’ai envie d’avoir des enfants aussi, pouvoir me concentrer sur une vie privée, peut-être me tournerai-je vers l’enseignement ou bien j’assisterai des chorégraphes. La performance pourrait m’intéresser aussi. Et j’ai déjà écrit sur la danse pour un magazine de mode.

    Pour l’instant, la compagnie est en pleine recherche de subventions et de mécènes, le responsable à la culture de la ville de Libourne a été emballé par mon projet et m’a donné un mois et demie pour préparer une présentation de travail qui aura lieu le 13 décembre au théâtre le Liburnia.

    Quand je regarde le travail d’Afshin Ghaffarian, je trouve que c’est une belle manière de défendre une cause, sa démarche est très courageuse mais cela n’empêche qu’il reste toujours beaucoup de travail, on a tous besoin de se renouveler afin d’éviter de surfer sur une vague. Cela ne m’intéresse pas de faire de la politique, je ne suis pas là pour rappeler qu’il y a des guerres dans le monde, mais en tant qu’artiste, j’estime qu’il ne faut pas oublier, je suis aussi humain, et certaines choses, comme le combat pour l’égalité pour tous, la Palestine, me touchent plus personnellement. Pour la présentation de travail du 13 décembre prochain, l’ambiance sur scène sera très particulière, plus révoltée qu’à l’accoutumée, qui amènera l’émotion : les parties dansées seront séparées par un interlude sonore qui reprendra des explosions de bombe atomique avec en parallèle les pleurs de mères de Palestine chantant en arabe le deuil de leurs enfants.

    L’homme est au centre de mes préoccupations, je veux que le danseur se démarque de sa tâche d’exécutant pour lui permettre de s’exprimer personnellement, et j’ai beaucoup de mal à comprendre l’être humain, qui peut faire montre de bêtise pure comme d’une capacité au sublime.

    La danse, c’est raconter une histoire, prends de grands chorégraphes comme Béjart ou Pina Bausch, pendant deux heures, tu es transporté, ému, tu vas rire, pleurer. Le contemporain a bon dos, je n’ai aucune envie de me taper la tête ou les genoux dans le sol ou de frapper un rythme avec mes mains sur des musiques de casserole, le pseudo intellectuel m’ennuie et le public n’est pas dupe, cela n’intéresse personne de voir un pseudo danseur se gratter l’oreille sur scène pendant deux heures. Pour moi, tout cela participe de ce que j’appelle le contemporien, c’est-à-dire ce vide flagrant de créativité de la danse contemporaine aujourd’hui.


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  5. Interview THE BLUE ZIPS

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    © Isabel Sued.

    LE CLUB DES CINQ


    J’ai connu les Blue Zips par mon ami Léo qui fait les claviers dans le groupe, j’ai ensuite rencontré Adam à l’occasion du passage des Dandy Warhols que je devais interviewer au 106 à Rouen, j’ai enfin pu parler au reste du groupe pour leur audition aux Inouïs du Printemps de Bourges au Silo à Verneuil sur Avre. Ils sont passés en premier, la salle n’était guère remplie mais peu importe, les Blue Zips ont éclipsé le reste des groupes qui concourraient comme eux. Au delà de leur jeunesse et de l’exotisme d’Adam dont l’accent anglais interroge et déroute les âmes normandes, on sent que quelque chose se joue quand on les voit sur scène. Les deux Enfants terribles, Joséphine, complet de velours, chaussettes pailletées bleues et Repetto blanches, et Adam, cheveux blonds, un semblant de pattes à la Matt Hollywood, en costume de matador rouge, dansent, se chamaillent, se font des bisous d’esquimau. Leur complicité rare et sincère, belle à observer, donne des idées de biopic. Léo, le bon petit gars de Normandie, avec sa belle gueule aux joues rougies, observe la scène, esquisse un sourire, un pas de danse et semble heureux d’être là. Gwenaëlle, toute en froide beauté, se concentre sur sa basse, comme si le personnage de Jeanne Moreau dans le Journal d’une Femme de chambre avait troqué le service contre la musique. Benjamin, enfin, supervise le reste de la bande, tout en gérant sa ligne de batterie d’une main adulte et confiante. Bonus final, ils ont tous des surnoms marrants.

    IVRES IMPRESSIONS

    Peter Pink. Nicknames, nicknames, everyone has nicknames.

    (Joséphine explose de rire.)

    Jean-Michel Anglais: I feel real good honey. I feel real good. I’m ready to take on the world.

    Peter Pink: On était un peu dans les chaussettes au début du concert mais je me suis bien amusé.

    Jean-Michel Anglais. Le 106 nous a dit qu’on devait passer pendant vingt minutes et au final, deux secondes avant le show, on nous a prévenu que ce serait une demie heure de set.

    Josemuffin. Ça a déstabilisé un peu le truc, ce qui l’a rendu marrant.

    Jean-Michel Anglais. On a bu une bière entre les morceaux.

    Peter Pink. C’est notre truc.

    THE USUAL SUSPECTS

    Josemuffin. On commence par la gauche.

    Peter French. Je vote à gauche et je suis gaucher. Benjamin, batteur et choriste. Je suis aussi professeur dans des conservatoires et étudiant au CEFEDEM.

    Josemuffin. C’est le pédagogue du groupe.

    Jean-Michel Anglais. Daddy Benji.

    Peter Pink. Il nous aide beaucoup.

    Jean-Michel Anglais. To tie our shoelaces, to ride our bikes.

    Peter French. C’est pas tant le rôle de prof qui me surprend, c’est de devoir avoir le dernier mot, que dans n’importe quelle situation, on me demande ce que j’en pense, comme si j’étais le philosophe du groupe, pourtant je suis loin des quarante-trois ans. Cela dit, je les punis quand ils font des conneries. Et je tiens à rajouter : Allez le club de hockey de Rouen !

    Jean-Michel Anglais. Ici c’est Rouen ! Ici c’est Rouen !

    Gwenie Gwenie Goon Goon. J’ai vingt-deux ans et je suis la bassiste du groupe. Je fais aussi parfois les chœurs. Je suis de Rouen, je fais de la basse depuis plusieurs années et je viens d’achever une licence d’anglais. Je suis désormais à Paris, en master d’art et culture visuelle, dans le cadre duquel j’étudie l’histoire de l’art en anglais, ce qui est chouette.

    Peter Pink. Il y a une chanson que l’on n’a pas faite ce soir dans laquelle on chante tous ensemble.

    (Ils la chantent.)

    Josemuffin. On devrait la faire plus souvent.

    Peter Pink. J’ai dix-huit ans et je suis aussi à Paris cette année, en prépa d’école d’art. On bosse comme des Noirs au 18ème siècle.

    Jean-Michel Anglais. Cut that, cut that, we’re not saying that.

    Peter Pink. On rentre tous les week-end pour les répètes.

    Gwenie Gwenie Goon Goon. Moi je vis dans le 16ème dans un petit appartement.

    Peter Pink. T’as une chambre de bonne, parce que tu es bonne.

    Josemuffin. T’es bonne.

    Jean-Michel Anglais. I am Adam. I’m really English, I do guitar and I sing a little bit in the Blue Zips, Zips, Zips, Zips. I used to have a beard, but I shaved off a little bit and I’m 25. I got boots on and a matador costume. I used to be a cadet in the English Army, it was part time for the young people, cause there’s not much to do in England anyway. I have been here for two years, with the band for a year. I also work, alongside Joséphine, as a barman at 106.

    Peter Pink. Adam et Joséphine se sont rencontrés chez moi à une soirée.

    Josemuffin. Je suis arrivé à Rouen il y a cinq ans, de Carcassonne, je suis entré au collège en quatrième dans la même classe que Léo et on est amis depuis lors. Je suis inscrite à temps partiel aux Beaux-Arts de Rouen, tout mon matériel est là-bas, bien gardé, mais je n’y vais pas souvent, ce n’était pas prévu que je fasse ça cette année. Je vais tenter les Arts Déco l’année prochaine.

    Peter Pink. Moi aussi !

    Josemuffin. Ce serait pas mal d’avoir plus de membres du groupe à Paris.

    Jean-Michel Anglais. You’re not going to art school, neither of you!

    Peter French. Je reste en Normandie, je ne me vois pas m’installer là-bas.

    BLEU PRESQUE TRANSPARENT

    Josemuffin. Léo adore les accents, cette ambiance-là fait vraiment partie de nos répétitions. Le Peter Pink, c’est un personnage, il aime faire la mouette.

    Peter French. J’ai rencontré Adam sur le site du couchsurfing, il avait posté une annonce pour un batteur. Je ne pensais pas le faire moi, plutôt un de mes élèves, je n’avais pas spécialement le temps mais je ne regrette pas.

    Jean-Michel Anglais. Tu m’as toujours dit aussi que tu voulais faire de la musique avec un Anglais.

    Gwenie Gwenie Goon Goon. Adam avait parlé à une de mes amies bassistes du projet, mais elle partait en Angleterre, du coup j’ai saisi l’occasion.

    Josemuffin. On parlait des débuts avec Ben il y a deux jours encore, le commencement, c’était Adam et moi, c’est vrai, pendant quelques mois, on a écrit quelques trucs, on a chanté ensemble, vraiment de façon incertaine, sur l’instant. Au fur et à mesure, j’ai eu envie d’un groupe de musique.

    Peter Pink. T’as toujours eu envie de ton propre groupe, elle avait déjà un girl band en quatrième avec cette chanson phare : Elisa.

    Josemuffin. On sentait que des gens pouvaient nous apporter des choses, d’un point de vue rythmique au départ et c’est Ben que l’on a recruté en premier.

    Jean-Michel Anglais. What we did just together wasn’t very good also.

    Josemuffin. C’était plus folk que rock, c’est vrai. Dans le trip She & Him donc on a lâché l’affaire. Au départ, l’idée derrière Johnny and The Blue Zips, c’était que Johnny, ce serait Adam et moi, et The Blue Zips le reste du groupe. On a fini par ne garder que The Blue Zips.

    Peter Pink. C’est plus efficace.

    Josemuffin. Adam, Ben et moi, nous échangeons beaucoup de choses dans la semaine.

    Peter French. Chacun travaille de son côté, moi la batterie, comme pour le concert de ce soir, histoire que chacun soit à l’aise. On travaille l’idée directrice, de façon très démocratique. Si une personne n’aime pas, on ne garde pas.

    Josemuffin. Adam et moi écrivons les textes. On compose la mélodie avec la guitare rythmique, ensuite on réfléchit aux paroles, que ce soit des sujets ultra sérieux ou non, on cherche toujours à poser les jalons d’une histoire, avec un pouvoir visuel fort, toujours dans cet esprit naïf des 60s, en explorant la relation masculin-féminin. Quant à notre jeu de scène avec lui, ma façon de danser, de m’amuser, c’est totalement instinctif, on a essayé d’écrire un plan chronologique, pour interagir avec le public, mais tu ne peux pas appréhender chaque moment en avance.

    Peter Pink. Tout est naturel, il y a des choses que l’on travaille bien sûr, comme le petit pas de danse derrière les claviers, qui était un simple délire de répète, et au final je l’ai gardé.

    Josemuffin. Ce qui est génial, c’est que l’on va au delà du duo ambigu, comme les Kills, l’appui des trois autres stabilise la dynamique de groupe, ce qui donne un ensemble homogène sur scène.

    Peter Pink. On est chacun bien installé de façon indépendante.

    Josemuffin. Ce qui agrandit le cadre de sorte que chacun a vraiment sa place.

    FRENGLISH

    Peter Pink. On a un refrain en français dans Voici l’Angleterre.

    Peter French. On n’a pas encore trouvé de pertinence en français. Je suis convaincu que le rock ne fonctionne qu’en anglais. Je pourrais chanter en portugais cela dit.

    Josemuffin. Comme on compose tous les deux avec Adam, le choix de l’anglais s’impose aussi. C’est aussi nos influences. Prend les Yeah Yeah par exemple, tu avais l’époque et l’entourage pour écrire en français, c’était cohérent. En 2012, je vois mal cela exister. Quand tu vois Biolay faire du Gainsbourg, ça ne fonctionne pas vraiment. L’époque est révolu, c’est dommage, donc place à l’anglais.

    Peter Pink. Aussi, la chanson sur laquelle Adam et Joséphine ont eu le déclic, c’est Rock the Casbah des Clash. Je m’en souviens, c’est là que tout a commencé.

    T’AS LE STYLE, COCO.

    Josemuffin. On s’est éloignés de l’esprit marin, qui habille Adam au quotidien. Logiquement, Gwen et moi portons des petites robes chinées, mais ce soir, j’avais envie d’autre chose, j’ai sorti le costume en velours bordeaux, et je me suis senti beaucoup à l’aise, je ne suis pas vraiment une fille féminine de toute façon.

    Peter Pink. Jo, c’est vraiment mon meilleur pote.

    Jean-Michel Anglais. And I wanted to dress up tonight, to be a bullfighter.

    Josemuffin. On ne veut pas être associé à une image figée, notre approche visuelle explore beaucoup de choses. On avait cette vision du groupe en uniforme, avec une vraie unité visuelle mais ce serait porter des costumes histoire de rappeler les Mods. On préfère s’amuser, tout particulièrement pour l’audition du Printemps de Bourges.

    Jean-Michel Anglais. We bet on other bands to be boring when they’re more professionnal cause we’re so young. The music we do is way different, we could use the fact that it’s naive and spontanous, we’re playing another game. Being a bullfighter, it’s beating them on the cool factor.

    Josemuffin. On joue sur nos atouts, on lâche tout sur scène. Et on est en constante évolution, le show devient un vrai spectacle.

    Peter Pink. On pourrait faire passer des singes à travers des cercles de feu. Déjà qu’on a un faisan sur scène avec nous.

    Josemuffin. Un faisan empaillé. Il s’appelle Greg. C’est notre mascotte.

    AVRIL FAIT LA FLEUR, MAI EN A L’HONNEUR

    Peter Pink. Pour ce qui est du résultat des Inouïs du Printemps de Bourges, je rumine sans cesse la maxime paternelle : Prépare-toi au pire, espère le meilleur et prend ce qui vient. Le problème que nous n’avons pas, contrairement à beaucoup d’autres groupes, c’est que leurs concerts sont d’un ennui… On a envie de lire un livre ou de chanter : Hey, it is just me, and I am Martin, don’t listen to our songs cause you’ll be sleeping.

    Josemuffin. Je pense sans cesse au live, ça parle directement aux gens. C’est le test ultime, parce qu’on peut tout écouter sur Internet maintenant sans avoir une idée de ce que cela donne sur scène.

    Peter French. On a eu aussi beaucoup de chance d’avoir cette opportunité après un an d’existence.

    Josemuffin. C’était notre sixième concert. On finit le parrainage du 106 en Mars. Dans ce cadre-là, on va enregistrer un EP de quatre morceaux à usage promotionnel et en téléchargement gratuit en Janvier. Et on pense à sortir un vinyle en fait, pour coller avec notre identité sonore, et pour avoir un bel objet à garder chez soi.

    Jean-Michel Anglais. Transparent blue, imagine that. CDs are so useless now.

    Josemuffin. Ce serait super drôle de voir un DJ utiliser un vinyle des Blue Zips.

    Peter French. Ça dépend du résultat, je n’ai pas envie que David Guetta se fasse de l’argent sur notre travail.

    IDÉAL STANDARD

    Peter French. Je voudrais que notre démarche originale convainque un groupe de gens conséquents qui pourraient se retrouver dans notre musique qui se démarque de la soupe commerciale actuelle. Tu prends la chanteuse Irma par exemple, c’est d’une pauvreté musicale affligeante. J’en ai marre de l’autosuffisance, les styles se mordent la queue. On est dans la promotion de l’individu, on accorde plus vraiment de crédit à la création et à l’art et c’est malheureux. J’aimerais que notre prise de risque soit mise en exergue.

    Josemuffin. J’en profite pour remercier le 106 dont la portée dépasse largement les frontières normandes, avoir une telle structure comme soutien, c’est quelque chose.

    Peter Pink. De voir des gens que l’on aime nous aider, c’est génial.

    Gwenie Gwenie Goon Goon. Je rejoins l’avis de Benjamin, et j’espère juste que le succès n’enlèvera rien à cette fraicheur qui plaît tant aux gens.

    Peter Pink. Je suis d’accord avec eux, j’espère qu’on aura un vrai public fidèle, au delà de la famille et des amis, et je sais que ce ne sera pas le cas, mais je ne veux pas que le succès nous change.

    Jean-Michel Anglais. White people problems.

    Peter French. Faire une scène dans la grande salle du 106 en tête d’affiche, ça me plairait bien aussi.

    Jean-Michel Anglais. I want to be like ABBA.

    Josemuffin. Vraiment oui, avoir des tubes tellement pop qui restent dans nos convictions personnelles musicales, dans l’esprit qu’on aime, de façon universelle. Avoir un répertoire de chansons qui nous plaisent et qui marquent l’histoire de la musique. Tout le toutim. Je veux des figurines de nous cinq !

    Jean-Michel Anglais. I want to write huge songs, big anthems, I don’t care if you like or not, songs that would be too big to ignore, I’ve just started composing a year ago but I want to write monsters of songs.

    Peter French. Je rêverais de jouer pour Gaetano Veloso, Gilberto Gil ou les Foo Fighters et il y a aussi des choses que je ne ferais jamais, X Factor par exemple, ou alors pour les dynamiter comme Muse à la télé italienne. On les a obligés à faire du playback, du coup ils ont inversé leurs instruments, sans que la présentatrice ne se rende compte de la supercherie, c’était très intéressant. Ou faire des musiques de pub, ça m’intéresse moyen.

    Josemuffin. Moi non plus, ça m’intéresse pas du tout de composer pour Apple.

    Peter French. Je ne pourrais pas jouer tout nu non plus, comme Zia des Dandy Warhols qui jouait seins nus avant son mariage.

    Josemuffin. En revanche, une campagne Fred Perry, dès demain !

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    thebluezips.bandcamp.com
    soundcloud.com/thebluezips

    facebook.com/thebluezips

     
  6. © Quentin Legallo pour la collection SS 13 de Mal-Aimée

    www.mal-aimee.com

    khube-magazine.com (Legallo y officiant en tant que Rédac Chef, D.A et photographe)

     
  7. MAL-AIMEE INTERVIEW - L’Insolent - FW 12

    © Mathieu Chevé - mathieucheve.wix.com/apresmidifaune

     
  8. CHEW LIPS CUT INTERVIEW - L’Insolent FW 12

    www.linsolentmag.com

     

  9. UNCUT Interview / James & Tigs / CHEW LIPS - La Flèche d’Or, Paris - September 2012

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    MY LIPS WERE SMEARED WITH GIN AND TONIC, CHAMPAGNE, TEARS AND SICK.

    PAMPLEMOUSSE/PAMPLEMOUSSE/PAMPLEMOUSSE/PAMPLEMOUSSE/PAMPLEMOUSSE


    Writing process of the second album

    TIGS. I was living in Paris the whole time we wrote the album. I was going back and forth, sometimes I was there in London, sometimes James would write some music and send it to me and I would work here on lyrics and send stuff back and forth. It’s possible to do that in this modern age! And then we recorded in London for about three months. By then, the lyrics were complete. It took us a while to write it, we must have written 80 or 90 songs for the new album while we wrote 60 for Unicorn.

    JAMES. Some were really bad.

    T. Yeah, of course, that’s a whole point, you want to get to the point when you feel that you’ve written the absolute best album that you can write.

    J. In terms of choosing, we went in with maybe a short list of twenty…

    T. and then it’s a collaboration with the whole team, everyone had their favorites, sometimes James and I had different ones. As long as everybody gets a bit of what they want, and you feel like the album is balanced, has enough up and quiet songs, that’s the spirit of compromise!

    You shot your two latest videos, Do You Chew? in Paris and Hurricane in London. Is there a Paris influence to your sound now?

    J. At the start, they wanted to do it as a London/Paris thing. And they realised Tigs was coming back to London.

    T. It then seemed less relevant, but a lot of the lyrics are written about the experience of living here, about falling in love with a person here and with the city as well. It felt like the right thing to do.

    J. We actually wanted to shoot Hurricane here cause its lyrics are about Paris even if it turned out to be the other way around…

    T. but since it was shot inside, we talked with the director who really wanted to explore the hurricane theme, with the petals, and the stuff blowing around, which was fucking awesome and fun to do. I really like it. It didn’t really matter where we were for that. DYC wasn’t a proper release, we sort of gave it away as a bonus song. And Hurricane is the first single of the new album. When you sign to a major, it’s kind of a slow process, you’re building up until the actual release which could be anytime next year between January and March right now.

    DYC feels like a fan-oriented bonus song, telling them that they should enjoy the gig more, and dance, and party, rather than tape it on their Iphone.

    T. You’re the first person who’s actually realised that’s what I’m saying! Some people are not even looking at the show, they’re looking at their phone, like watching TV. It’s so bizarre!

    J. When are you gonna ever watch that anyway? Some crappy all over the place thing with really bad sound that’s distorting. I don’t understand it really!

    T. It’s a really funny concept to me. I think, that song was probably the most pop song that we wrote, it didn’t have to be massively meaningful and the lyrics ‘Video in your hand’ were working. As a single, it was more…

    J. Primary coloured. Before writing it, we were actually imagining some really cheesy hip hop video with people dancing in clubs.

    T. When I wrote ‘If you’re filming it, you’re not in it, you’re not really there’ (singing it), and that really obvious line you hear in songs all the time, ‘Put your hands in the air’, I was like: We’ve got to use that to see if people were are going to understand what I am actually saying. And you’re the person who noticed it! We’ll see if anyone else gets it.

    Is Hurricane a frustrated love song?

    T. Our songs are never that simple really. Lyrically, it’s about coming and going back and forth to Paris every week, two more hours and the journey’s done, basically I’m going on the Eurostar. Don’t stop, the chorus, I know I can be a pain in the ass but don’t stop loving me, I suppose. It’s an ear worm!

    Asia

    T. Asia is a permanent part of the band as a session drummer, we pay her but she doesn’t do press or photoshoots. She doesn’t ride with us. She is an amazing drummer. I think it makes more sense that it’s just James and I, most people think it is from the start anyway.

    J. I’d love to add more musicians to the band once we can afford to. Someone playing guitars and keyboards.

    T. I don’t care. I think the few people there are, the tighter it is, the less you have to worry about people fucking up, you know. We’re really happy with Asia and Dave, our tour manager who we adore.

    So you’ve been quite active online and James especially who introduced the backstage videos on YouTube, that was impressive.

    T. (ironising) James has a personality!

    J. I’d rather not be center stage.

    T. You actually hate it, don’t you.

    J. They wanted to make something about the making of the album. Tigs doesn’t know the geeky stuff. The label maybe wanted it to be the two of us, since they are a lot of solo acts.

    T. I think a lot of people didn’t necessarily see Chew Lips as a band before, we do all together, the writing and the music, so no mistakes anymore.

    J. Before, they were two boys, and we were worried about the other one having to do anything

    T. Cause he was shit! So the two of them stepped back and I did all the interviews then.

    J. I don’t mind doing it now.

    T. (taking on a French accent) Super cool !

    J. I’d rather do actual music but it was alright. People are also interested in what you have to say.

    T. At some point, it will balance out. If we get more successful, James won’t have to do this anymore, he loves being in the studio, the geek stuff, while I love the front of house stuff, performing. that’s why it works, we have both sides. So, it’s making me do some day working on fucking guitar sounds.

    J. (hearing Lights, their opening band from Canada, doing their soundcheck) That band sounds absolutely awful.

    T. They do sound fucking dreadful yeah.


    TWITTER

    T. I never talk about the band on Twitter, I talk about what I have for breakfast.

    J. I always look at what bands are tweeting about before choosing to follow them.

    T. Me too.

    J. Some bands you can totally tell it’s not them, it’s just management writing about albums and singles coming out.

    T. I love it. I tweet most things and get told off for a lot. This morning, I tweeted about two pigeons pecking at a pile of sick outside my window. It was raining and depressing and somebody tweeted back: What is your sick? And I was like: Nooooo! That just made me laugh. To have that kind of interaction with people, it’s quite funny. If I was following somebody famous, not that we are, and they replied to one of my tweets, that’d be awesome, feeling like that you know them.

    J. We never really had bad stuff.

    T. I don’t think we’re famous enough to have that.

    J. Occasionally, on YouTube, one guy wrote our video was shit and I just replied with that stupid name that he had and laughed… Pongo Twizzleton? No it was Pukidge! Then I blocked him.

    T. I follow Alexa Chung, even though I shouldn’t, cause she’s bloody annoying. Do you follow her, James?

    J. No, I’m not interested in her.

    T. Sometimes, she retweets stuff that people tweet her and it’s so fucking harsh! And really funny like: ‘Why are you on Twitter, you’re a fucking idiot!’ People really are cunts. We don’t attract people like that, not yet. It’s a question of fame and position.

    Signing with SONY

    J. We celebrated by having an argument and not talking to each other that day, didn’t we?

    T. I got there late, something I was told specifically not to do.

    J. She asked me to meet her an hour early for drinks, she turned up forty-five minutes late and then made me wait for fifteen minutes in a queue to the post office to post her Ebay stuff. We ended up in a pub after the signing with our managers, sitting at opposite ends.

    T. I was looking at James and whispered: Sorry.

    J. I had a celebratory Lime and Coke and went home.

    T. That was quite tame actually, wasn’t it? We didn’t go crazy. We’ve been signed to major labels separately before in previous bands, it doesn’t mean anything until you start working.

    J. When I was fifteen, all I wanted was to be signed by a major but it feels like you got a job now almost. A bit more money.

    T. It feels nice that somebody believes in you.

    J. It’s such a big company, it’s hard to grasp what I’m dealing with. It’s confusing. I tried to get Shakira’s number, they wouldn’t give it to me!

    T. Isn’t Beyonce on Sony? Michael Jackson was. Dead Michael Jackson would be a great person to collaborate with!

    FASHION

    T. For Hurricane, the choice of my outfit was pretty bold.

    J. You were worried about the leather trousers.

    T. I’ve watched the video back and yeah they were not that good. When you work in a video, there’s always a stylist and before the shoot, you pick out stuff together. That’s fine, I understand that every angle needs to be covered. But we have the final decision, you got to be confortable. Jim decided to look like he was in Scooby Doo. And I don’t have to dress like a slut, which is nice. Like my jacket (blouson cuir blanc à franges), people tell me they love it but wouldn’t wear it! It’s an awesome jacket! A lot of people would be scared to wear an outfit other people would look at. I don’t know, for me, being in a band, you can dress as yourself, and you got an opportunity to have fun with clothes, that’s one of the most important things with dressing up every day. Just because this one goes in my food all the time…

    J. and the toilet. People are scared of hygiene. There are quite a lot of diseases in there.

    T. Not working in a office, you’re free basically. Especially on stage. James is gonna wear leather hot pants tonight.

    J. I’m interested in clothes, classic things. I like learning by myself.

    T. You’re not outrageous. ‘I’m not wearing leather driving gloves cause I’m not driving.’ He’s a classic boy.

    J. I want to look like I’m wearing my own clothes.

    T. Like a newer version of you.

    PARIS

    J. I’m excited to be in Paris. Last year in March, the show was rubbish.

    T. Yeah it wasn’t a great show. I lived it here then, I wanted to be a special, exciting show like a home show in London. But it was a Monday night. The show we had at Koko in August was fucking good.

    J. The band’s different now, it’s going to be great tonight.

    T. Our latest shows have been amazing so far. We’re flying to Singapore tomorrow morning for one show, staying four days there for the first time.

    J. And it’s monsoon season.

    T. 30 degrees, thunder and lightning. I got no clothes for this but I brought my swimming and my gym stuff.

    J. We’re going for a Topshop show, fans got to win tickets for it.

    T. You never know how it is going to be the first time you perform somewhere you’ve never been. Having fans thirteen hours away knowing the lyrics. Especially since it’s not usually on the gig circuit. Part of the deal is that we’re going to wear Topshop which is awesome. Everyone wears Topshop. I’ve done a couple of adverts too, Converse, Vans. People like my feet. Yours are hobbitsy!

    J. I have got great feet!

    T. They’re small, it’s not a great thing to suggest! If I like the brand, I’ll do it yeah for the band’s sake. I’ve been offered something for a jeans company, they wanted me to be like a leader of a girl biker gang. I said no!

    J. That French band, Paradise, did designs for APC tee-shirts, I would like to do that.

    T. I designed a tee-shirt for Topshop ages ago, it was fucking awful. I had a month to do it. I drew an owl in five minutes, terrible.

    J. Probably not the best sell out that year.

    T. You end up having collaborations with brands another way. Armani, for instance, we djed for them and they paid us in £15000 of clothes each.

    J. I got a wicked camel jacket.

    T. Head to toe Armani, Being like: Hi I’m Mrs Armani. I think I Ebayed most of it afterwards. I’d be happy to take clothes off Stella McCartney’s hands!

    MUSIC

    T. At the moment, I listen to the new Bat for Lashes song, Azealia Banks, St. Vincent, Rihanna’s You Da One, proper old rebel with her drinking, taking drugs, partying hard and love/hate tweets to Chris Brown. But most of her fans are underage, and when they watch the We found love video, they could get the wrong idea, it’s not very responsible. I mean, everyone takes drugs, it’s fun and all but do it quietly, there’s nothing cool about bragging about it even if you don’t want to have the role model position people put you in.

    J. I listen to old stuff from the 60s to see if I still like it.

    T. For a year, the album was going to be named Pamplemousse (Grapefruit). Sony disagreed.

    J. It felt like we would have to rename a child a year old.

     

  10. Interview Antoine Lahaie / DRESDEN DRESSES

    Keine Blick Zurück

    A few weeks ago, I found out on Facebook that my friend Gabriel’s nude torso did a cameo in a music video so I watched it. In it, was that weirdly dressed, intense-looking guy in the middle dancing with an hypnotising stare, and he kinda looked like Luka Rocco Magnotta, only he was way cuter. That was my first time seing Antoine, Dresden Dresses’ one-man band. the whole video reminded me of End of the World parties, of a time when Gregg Araki was still making good films and of a certain idea of what it is to be young, broke and truly inspired. In a few words: ‘Make it, make it, don’t fake it’.

    PS: Get dressed in Dresden Dresses tee-shirts, they’re rad x

    What follows is a portrait which I got to compose through our Skype interview:

    I am Antoine Lahaie, 19, I grew up in Quebec and have been living in Montreal since August. I studied visual art, finishing my classes in P.E. and French in Cegep, which is a school between highschool and university, I’ll be done by Christmas, and taking a break from studying to focus on my music project, Dresden Dresses. I haven’t studied music whatsoever. I took a semester abroad earlier this year from January to July, at Ecole Supérieure d’Art in Toulon, France. That experience helped me, I played in Bordeaux and Berlin for a queer party, recording parts of the actual EP there, I got to meet people and talk about my project, that was nice.

    I don’t consider myself as an artist, my work is an expression of ideas that run through my mind, the means of achieving that don’t matter, may be it a performance, a video, or music. I explore the intrusion of virtuality in our everyday life, I mean virtual by opposition to present, current. So it’s not only the Internet. I am my own guinea pig, not that I’m a narcissist, I just videotape myself a lot, I collect photos, I’m some kind of an archivist. I’m not really attracted by traditional ways of expression, like painting for instance. It’s hard to follow a certain movement nowadays, I don’t feel like having an exhibition soon because it’s a lot of work and my interrogations in music are different than those I have in visual art which is more sacred to me, that’s why I want a proper academic education in art. Not that I want people to tell me what to do, or to teach me to be a good artist or a successful one, I want to feed off conferences, to soak myself in knowledge.

    My motives in music were simple at first: I just wanted to release an album, to have the actual, physical object in my hands cause I had so many songs in my head. I wasn’t thinking of playing live or gain recognition, I did my first show after the album release actually, which is quite unconventional. And now I’m keeping up the good work.

    Dresden Dresses doesn’t come from a specific place, it has no meaning or importance whatsoever in terms of the name, I just liked the sound of it, the repetitions, it was hidden somewhere deep down at the back of my mind, might as well use it. There’s no reference to Dresden Dolls or Dressed in Dresden, that’s just a coincidence.

    I worked by my friend and housemate Pascale (the even weirder girl in the NS (d)05 video) on her on project, Mathematique. And for Dresden Dresses, we did everything in our place, the recording, the video, Samuel Fournier amazingly danced in it, my friends participated, that was fun.

    I really wanted to make music which would be fun to listen to and cool to dance to, It was a good first draft, I had limited control over it, and I’ve changed a lot since, I’m still growing up you know, I learnt so much now that the EP is more polished and well done, I just keep on trusting my gut, it’ll always be instinctive. I’ve explored some new sounds, some new structures, I dropped a lot of ideas I had, this way we jump from one genre to the other but everything has its place. I can’t wait for the next one! I’m currently working with Pascale on conceptualisation for a duo project with her. I can’t stop composing anyway, I have embryos floating all around me like a music cloud.

    So far, I played Toronto, Montreal and Quebec, I got people in Detroit and New York who were interested in a small American tour, we’ll have to work on that cause it’s a different economy but I don’t have the means yet. And I’m coming back to Europe in the summer.

    Montreal scene is obviously way different than Quebec, I’m proud of living here. They are some real good underground pop bands so to speak. I don’t like tags, everything is happening so fast now, it’s hard to really define a sound, which is cool. Unfortunately here, the hype is focussed on French ‘chansonniers’, grandma stuff, music my aunt would listen to, which make people think that this is the only kind music we have to offer, which is not the case, and that music in French will suck anyway. I just think that the guys who are in charge of culture here are doing a pretty bad job.

    Coming from the visual art scene and doing music now, you could expect me to always mingle the two, but I don’t want to force anything. When I did the NS (d)05 video, yeah it worked, but that need to come from an authentic place. I used to have video projections on stage but I stopped doing it, you can also be really visual with the way you move onstage, with your interaction with the audience.

    Being called a Canadian is weird to me, you know the stuff going on between anglophones and francophones, you can still be considered somewhat of a traitor if you sing in English. I’m exaggerating a bit to set the tone. I don’t think that nationalities matter that much now, everything’s online, you can get influenced by almost every country in the world. I do identify with Quebec culture but I’m not here to fight for a cause, I’m doing dancy music, I mean, I’m sovereigntist, but that’s my concern.

    I use my voice as an instrument, if you allow me the cliché, and as for lyrics, it’s tricky, sometimes they can be trivial, like when I had that beat in my mind and I went ‘I want you in my pants’, which is proper stupid radio stuff, but I kept it, I like mixing philosophical, even poetical, stuff with everyday garbage. My range knows no limit.

    The artists I’d love to work with: Nina Hagen, Travis Egedy from Pictureplane, real cute Oliver Sabin from Unicorn Kid, Fatima Al Qadiri and so many more people. I listen to a lot of hip hop, Death Grips, Mykki Blanco who also did the art to music thing, even Azealia Banks. And James Ferraro, the whole take on mobile phone ringtones and videogame sounds, that interests me a lot. And I just discovered Prince Innocence that I played with in Montreal, it’s amazing.

    I guess I understand why I have been compared to Crystal Castles even I don’t really agree with it, I listened to them a lot when I was younger, way before the album, I like their music and stuff, the new album’s cool, they’re working the whole Crystal Castles thing to an extent, good for them.

    I’ll be playing with Diamond Rings in Quebec on December 8 and the EP can be downloaded for free via dresdendresses.bandcamp.com. I also make cool tee-shirts you can get from the bandcamp.